Les Samoa : Return to Paradise

cheval devant paysage de merLe titre, Return to Paradise, est issu d’un film de 1953 avec Gary Cooper tourné aux Samoa (les Samoa indépendantes, pas les Samoa américaines qui sont un autre pays), sur l’île d’Upolu (avec la capitale, Apia) où je suis allée en avril.

Ce titre n’est pas une exagération : paysages superbes, végétation luxuriante, plages de sable fin, eau turquoise, atmosphère tranquille et beau temps en général. Je dis en général parce qu’il semblerait que dernièrement je choisisse la saison des pluies comme critère pour partir en vacances donc je ne peux pas me plaindre si j’ai quelques jours humides. Mais qui dit saison des pluies, dit moins de touristes. On croise donc, tout au long du voyage, peu de gens mais aussi toujours les mêmes, les structures hôtelières étant réduites et surtout l’île étant très petite.

Pour ce qui est de dormir, on a dans la capitale Apia des hôtels bien sûr, et sur la côte, au choix, les resorts de luxe ou les abordables fales (le choix est vite vu en ce qui me concerne !). Le bon combo c’est dormir pour pas cher dans les fales en demi-pension petit déj+dîner et déjeuner dans les resorts. Les resorts acceptent les non-résidents dans leurs restos, pour ce qui est d’utiliser leurs transats et profiter de leur plage je ne sais pas mais comme personne ne vous demande rien quand vous entrez dans le resort… (si vous voulez qu’on vous fiche une paix royale pendant vos vacances, c’est aux Samoa qu’il faut venir). Et donc les fales c’est quoi? : l’hébergement typique en bord de mer. En gros, ce sont des cabanes en bois avec juste un toit et un sol sur pilotis, généralement entouré d’une bâche plastique pour la nuit, le vent ou la pluie, pour s’endormir au bruyant son des vagues.

cabanes en bois en bord de mer

Fales sur l’île de Namua

Sur l’île de Namua, le fale était tellement proche de l’eau que j’avais l’impression que la marée montait dans mon lit… Donc autant vous dire qu’en cas de tsunami, vos chances de survie sont limitées même si de nombreux panneaux le long des routes indiquent des chemins vers les montagnes pour se réfugier en cas d’alerte. Déjà j’ai mis 4 jours à voir ces panneaux si nombreux, donc MES chances de survie étaient encore moins grandes.

Et je disais donc plus haut avant de digresser que l’île d’Upolu était aussi très petite et propice à louer une voiture. On peut en faire le tour en quelques heures, longueur environ 75km, largeur moitié moins je dirais. On met quand même quelques heures pour faire le tour, non pas à cause de la circulation mais parce que la limitation de vitesse est de 56 km/h sur les routes « nationales » et 40 km/h en ville ! Quand on voit l’état de certaines voitures, c’est sûr qu’il est effectivement préférable de rouler précautionneusement. Donc avec une voiture (climatisée je précise) il est beaucoup plus simple de faire toutes les attractions de l’île.

Vues et approuvées :
  • La Coastal Walk sur des falaises de lave, une sorte d’Étretat du Pacifique, superbe et hostile.

    La Coastal Walk trail

  • Le To Sua Ocean Trench où l’on peut passer sous la roche sous l’eau pour rejoindre la mer adjacente, pour les plus téméraires ! Parce qu’il faut s’accorder avec le mouvement de va et vient des vagues pour ne pas manquer d’air…
  • Les sliding rocks près d’Apia, une série de petites cascades pour faire du toboggan. Ça reste cependant des rochers donc vérifier le fond de l’eau à l’arrivée et bien choisir son itinéraire sont recommandés. C’est un conseil issu d’une expérience douloureuse que je vous donne…
  • Les Piula Cave Pools où là aussi on peut passer sous l’eau sous la roche pour se retrouver dans la deuxième piscine naturelle. C’est un passage de 3 mètres un peu étroit et surtout glauque car obscur. Mais tout à fait faisable, même quand la spéléologie et mourir noyée sont vos pires cauchemars. Il faut affronter ses peurs il paraît…

    To Sua Ocean Trench

  • Le musée Robert Louis Stevenson à Apia : visite de la superbe et grande maison coloniale de l’auteur de L’île au trésor. Il est venu vivre aux Samoa avec toute sa famille, y compris sa mère qui avait la meilleure chambre mais s’en plaignait quand même, à cause d’une santé très fragile et est finalement mort 4 ans plus tard sur le pas de la porte du salon à 43 ans.
  • Vous pouvez aussi passer la nuit sur l’île de Namua comme Robinson Crusoé (les toilettes en plus) vu que cette île n’est pas habitée, que les touristes étaient absents ce jour-là et que les employés présents quittent l’île pour rentrer chez eux, après vous avoir servi à dîner à 17h30… Sauf un employé, c’est vrai, qui revient quelques heures plus tard après avoir ramené tous les autres en bateau sur le continent. Mais entre-temps, si vous vous êtes blessé, vous aurez l’occasion de vivre votre souffrance comme un naufragé, vu que bien sûr il n’y a pas de réseau téléphonique ni d’internet.

 

Parlons sérieusement maintenant : que mange-t-on aux Samoa ?

Déjà, on mange beaucoup beaucoup mieux qu’en Papouasie. Je compare parce qu’il y a d’autres aspects du pays qui m’ont fait penser à la Papouasie mais pas celui-là !
Le oka est excellent : thon cru, morceaux de concombres et de tomates marinés dans de la crème de noix de coco. Pour le petit-déjeuner, le kokorais, que je ne sais pas écrire et que je n’ai pas trouvé sur internet parce que je pense que c’est uniquement oral comme nom : riz (rice en anglais) au lait de coco et chocolat (à partir de fèves de cacao, pas du Nesquick) avec un petit goût fumé, un peu comme s’il avait brûlé dans la casserole. C’est fait exprès car j’en ai testé à plusieurs endroits pour vérifier.
On trouve aussi du faiai eleni : du poisson un peu fumé dans du lait de coco (et oui, encore), très bon plat. Du palusami : des feuilles de tarot cuites dans du lait de coco (…), ça par contre je ne recommande pas. En revanche, je recommande les paifala, petits beignets remplis de confiture d’ananas. D’ailleurs, il semblerait que ce soit Robert Louis Stevenson qui ait introduit l’ananas dans les Samoa. Intéressant, n’est-ce pas ?

Un petit mot sur les habitants :
  • Ils sont très croyants. Les missionnaires chrétiens de tous bords, Catholiques, Méthodistes et même les Mormons, ont fait leur œuvre. Le dimanche, la messe est une institution. Les Samoans mettent leurs beaux vêtements, certains sont tout en blanc. Chaque village, notez le chaque, a son église, et pas une petite église. Toutes ont des styles extrêmement variées, pas de politique d’urbanisme ici, c’est au choix du chef du village très certainement. Je dis ça car la société est vraiment stratifiée ici, avec le chef du village au sommet. La cathédrale d’Apia est une sorte de Notre-Dame colorée à l’extérieur et tout en bois à l’intérieur, qui peut accueillir jusqu’à 2 000 ouailles !

  • Chaque famille possède aussi une sorte de très grande terrasse séparée de la maison, qui est en fait juste un toit et un sol en plein air. Il s’agit d’une sorte d’espace communautaire pour toute la famille et pour toutes les célébrations mais aussi simplement pour faire la sieste. Je pense même que pour certaines familles il s’agit de leur chambre, en plein air.
  • En dehors des villes, on n’a vu aucune entreprise ou usine. En revanche, il y a des plantations de cocotiers, de tarots et d’ananas et quelques personnes qui ont des petites supérettes ou des petits stands d’épicerie. La capitale a un port de marchandises et un port de pêche et pas mal d’hôtels, restaurants et cafés pour une capitale de seulement 37 000 habitants.
  • Autre point commun remarqué avec la Papouasie : l’usage du rotofil pour tondre les pelouses. Et vu le climat ultra propice à la végétation, la taille des terrains de chacun et leur amour de la pelouse rase, je leur souhaite bien du courage. Mais quand on aime, on ne compte pas et les Samoans sont fans de jardinage c’est certain. Leurs espaces sont très bien entretenus, arrangés avec beaucoup de plantes colorées, même les bords de route au milieu de nulle part ils s’en occupent.

Enfin, pour ne rien gâcher, les Samoans parent très bien anglais ce qui s’avère très pratique et sont très sympathiques.

  • Piula cave pools
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3 commentaires

  1. Nom *Agnès

    Toujours aussi divertissant et instructif
    Tu as encore bravé des démons

  2. Emmanuelle

    Bon ben encore une destination à mettre sur notre liste ! Bises

  3. Caro

    Pourquoi ai-je eu faim pendant toute la lecture ? … ah je sais ! J’ai pensé aux samoussas ! ;)
    Merci pour le récit de tes aventures !
    Gros bisous

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Date de publication : 25 avril 2018