Islande – de Keflavik à Reykjavik à Vik

Lors de mon court séjour en Islande au cœur de l’hiver, j’ai découvert qu’il y avait encore moins d’Islandais sur la planète que je ne le pensais et j’ai compris pourquoi. 1. L’Islande se trouve entre le Groënland et la Norvège. 2. L’hiver, c’est 5 heures de jour, par jour. 3. Ils ont inventé une langue qui dans un classement serait un peu le Harvard des langues mondiales.
Preuve par l’exemple : j’ai loué une voiture au 235 Keflavikurflugvollur, dormi au 5 Sudurvikurvegur et marché sur le glacier Sólheimajökull à côté du fameux Eyjafjallajökull. Et rien ne se prononce comme c’est écrit.
En gros, être Islandais c’est avoir la classe parce que c’est rare, 320 000 habitants au total dont 120 000 dans la capitale Reykjavik, et parce que c’est en vouloir pour rester en vie, ça fait 200 000 personnes qui ont décidé de vivre dans la « nature » au sens de into the wild clairement. Oui, on trouve de petites villes le long des côtes. Mais des côtes où on nous prévient que certaines routes doivent être évitées lors d’épisodes venteux (euphémisme) parce que sinon on finit au bas de la falaise après avoir surfé sur les 15 cm de glace qui recouvre la plupart des routes qu’on a empruntées… Donc Man vs Wild disais-je. Mais qu’est-ce que c’est beau ! C’est grandiose, magnifique, brut et hostile. Et en hiver, on est sans cesse entre lever et coucher de soleil, donc même si nous n’avons pas eu la chance de voir des aurores boréales (je coupe court au suspense), on a vu des cieux et lumières sublimes. En plus, c’était Noël, donc les 19 heures où il faisait nuit, on pouvait profiter des illuminations des rues, des maisons et des cimetières. Les croix des tombes sont effectivement lumineuses, j’avoue que ça fait son petit effet la 1ère fois.

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Petit récap de notre périple en Islande :

Après avoir récupéré notre 4×4 à Keflavik, à côté de Reykjavik, pour lequel nous avons été surclassés, car notre loueuse n’avait pas suffisamment confiance en ses autres véhicules…, sachant que le nôtre roulait tranquille à 80km/h frein à main enclenché, n’avait pas de klaxon ni d’essuie-glace fonctionnels, mais des sièges chauffants, j’appris alors que le 2e prénom de l’un de mes compagnons de voyage était Marvin. Marvin. Comme dans Marvin le Martien.
Après 3 essais à la pompe à essence pour faire le plein du dit véhicule, car il faut taper le montant voulu en couronnes islandaises et on n’est pas super bons en conversion de devises, nous voilà partis pour Vik. Ils sont pas super originaux au niveau des noms de villes, j’avoue. Dix minutes plus tard sur la route 1 qui fait le tour de l’île, on se retrouve plongés dans un blizzard et quasiment dans le fossé. C’est 3 heures plus tard que nous arrivons à l’auberge de jeunesse, où nous découvrirons le lendemain the best petit-dej fait maison et les possibilités infinies du recyclage. Dans la cuisine se trouvaient un bac papier, un bac plastique, un bac conserve, un bac verre, un bac sachets de thé et agrumes, un bac « pour les poules ». Voilà des gens qui ont décidé de sauver leur île. Et ils ont bien raison parce qu’à côté de Vik se trouvent des plages de sable noir splendides avec leurs Reynisdrangar. Des colonnes de lave, une mer démontée, pas un être vivant à la ronde et un vent contre lequel on peut littéralement s’adosser !
Conseils : ne jamais oublier le legging auto-chauffant sous le jean et le masque de ski pour éviter l’énucléation à coups de gravillons de lave.

  • reynisdrangar et plage de sable noir a vik
    Les Reynisdrangar et les plages noires de Vik

A proximité, il faut aller voir les Skogafoss et déjeuner dans le resto de la salle des fêtes du coin et essayer de trouver la source chaude de Seljavellir. Pas de pancarte, on marche 20mn au milieu de la montagne sans savoir si c’est la bonne direction, en traversant un cours d’eau gelé, bref l’aventure pour arriver à une belle piscine à flanc de montagne. L’eau était tiède alors qu’il faisait -10 dehors donc on n’a pas nagé et on a continué notre route vers d’autres cascades pour se rafraichir encore un peu : les magnifiques chutes de Seljalandsfoss. Les aventuriers pousseront plus loin sur le sentier, vers la cascade cachée de Gljufrafoss où il faut se mouiller les pieds et s’introduire entre la roche pour la voir. Moi j’avais mis des sacs plastiques autour de mes chaussures, c’est moins aventurier mais c’est plus malin. Après tout, qui veut voyager loin ménage sa monture et comme j’étais à pied…
Alors il y a quand même des gens dans ces contrées, quelques locaux, des chevaux dont on dirait des peluches et quelques touristes. Surtout au Blue Lagoon, attraction touristique phare certes mais se baigner dans une source à 40° en plein air au milieu des montagnes enneigées ça n’a pas de prix, enfin si à vrai dire, de 35 à 165€.

  • directions pour le blue lagoon
    Itinéraire bis pour le Blue Lagoon

On a continué nos ablutions dans la piscine municipale de Laugardalslaug le lendemain, elle aussi chauffée par des sources naturelles comme toutes les piscines de Reykjavik. Ca n’avait rien à voir avec le Blue Lagoon évidemment mais rien que les vestiaires m’ont fait rêver : ultra propres, lumineux, vides de gens, des bracelets électroniques pour commander les portes de son locker et une balance qui m’annonce 3kg de moins que ce que je pensais, un moment inoubliable. D’autant plus qu’on revenait de visiter le parc national du Pingvellir, étendue de glace et de neige où certaines scènes de Game of Thrones sont tournées manifestement en été. Là ça caille vraiment. Et je ne le dis pas à la légère parce qu’on a tenu 3 minutes auprès des énormes chutes d’eau de Gulfoss dont la charmante Sigridur Tomasdottir a créé le sentier d’accès il y a 50 ans quand on n’avait pas encore inventé les moonboots. En même temps, pour certains l’invention du siècle c’est plutôt la Converse : je ne ferai pas la liste de tous les vêtements que je portais sur moi ce serait trop long, en revanche je peux vous faire celle du superhéros que j’ai croisé : jean slim aux chevilles, socquettes et Converse. Par moins 15. Quand on sait que j’ai failli perdre mes doigts aux geysers de Geysir… qui porte plutôt bien son nom faut avouer. C’est au moment où on faisait le tour du geyser pour mieux le voir qu’il a évidemment explosé à plusieurs mètres de hauteur. L’eau tiède qui vous arrive dessus ça fait du bien, quelques centièmes de secondes, avant que ça gèle le manteau et la moumoute de ma capuche. En revanche, c’est plutôt impressionnant comme phénomène naturel.

Je conclurai par ce/ceux sur quoi j’ai commencé, les Islandais, eux-mêmes phénomènes naturels impressionnants qui font du jogging en pleine neige et en plein vent glacial dans Reykjavik et qui n’hésitent pas à fumer en bras de chemise devant leur porte. C’est pas des descendants de Vikings sans raison.

 

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2 commentaires

  1. Jem

    Bref, tu as rendu visite à la Reine des Neiges!!! =)

  2. celine

    J`avais oublié MARVIN, merci de me l`avoir rappelé.

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Date de publication : 31 décembre 2014