Chiang Mai : expériences thaïlandaises

rickshaw a chiang maiJe suis venue pour la 1ère fois à Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande il y a 7 ans. Je ne sais pas si cette ville a beaucoup changé depuis car à l’époque je n’en avais pas vu grand-chose. Et j’avais eu tort. 3 semaines ici pour rendre visite à ma copine hongroise, Kinga, m’ont montré qu’on peut faire plein de choses dans cette ville. Des moins recommandables (balade sur des éléphants dans des nacelles en bois qui leur cassent le dos, visite des tribus de montagnes plus proche du zoo humain que d’une immersion culturelle) que je ne vous recommanderai donc pas, aux plus plaisantes. Petit panorama :

Pour arriver à Chiang Mai, il faut d’abord arriver à Bangkok. Bangkok, c’est LA mégalopole à taille non humaine, mais maintenant ils ont une ligne de Skytrain depuis l’aéroport jusqu’en ville, plus besoin de discutailler le prix de la course avec le taxi après 9 heures de vol et de passer un très long moment dans le trafic. 30 minutes et j’arrivais à mon auberge de jeunesse près de la gare de Hua Lamphong pour prendre mon train de nuit le lendemain vers Chiang Mai.
Note à moi-même : arrêter les auberges de jeunesse, mon estomac n’est plus assez jeune pour supporter un étudiant vomissant dans la chambre plutôt que dans la salle de bain à 3m de là et ma patience a désormais trop de limites : welcome to Thailand !

train de nuit bangkok chiang maiLe train de nuit de Bangkok – Chiang Mai :
Il faut choisir le train (de nuit, environ 13 heures de voyage) plutôt que l’avion, pour l’expérience, et il faut choisir la 2e classe. Pour l’expérience toujours. Toutes les nuits où je l’ai pris ont été parmi les plus confortables que j’ai eues en voyage. Préférez un lit en bas, c’est plus spacieux, et vous aurez aussi un oreiller, une couverture, un petit rideau bleu pour l’intimité et couper la lumière et la clim, ainsi que votre fenêtre perso pour voir défiler les gares et le paysage (de nuit certes). Le steward est aux petits soins et vous installera votre lit quand vous le souhaitez. Les banquettes sont toutes alignées dans la longueur du wagon, pas de compartiment, le train c’est aussi une expérience de groupe.

Arrivée à Chiang Mai à 7h, tous les songthaews (sorte de mini-bus-taxi ouvert à l’arrière) et les tuk-tuks vous accaparent pour vous emmener dans le centre-ville. On paye forcément plus cher qu’on ne devrait mais bon 40 bahts étant l’équivalent de 1€, ça ne va pas vous gâcher les vacances…
Première différence avec l’hiver melbournien d’où je viens, il fait très chaud le jour 35° et la nuit 28° ce qui permet de n’emporter avec soi qu’un bagage à main soit 7 kg max. Hé ouais ça fait pas lourd mais ici on peut faire laver son linge pour 40 bahts. Rappelez-vous, ça fait… 1€ ! Le seul souci c’est la serviette, en ce moment je m’essuie avec mon drap… Et puis vous pouvez également vérifier que votre linge est bien lavé puisque vous passez régulièrement à côté de vos slips et soutiens-gorges qui sèchent dans la rue devant la laverie. A la fin, peut-être même que vous reconnaîtrez ceux de vos voisins car la communauté « expat » est importante ici par rapport à d’autres villes mais pas tant que vous ne retombiez pas toujours sur les mêmes personnes. Ça donne l’impression d’une petite ville. Une petite ville qui aurait un gros problème de circulation.

Il fait très chaud à Chiang Mai les 3/4 de l’année et le nombre de véhicules qui roulent (tout le temps, je devrais ajouter, à se demander où vont tous ces gens toute la journée) n’aident pas à respirer le bon air frais. Cela dit des poumons pollués seront le dernier de vos soucis si vous décidez de traverser une rue à un moment que vous n’aurez pas méticuleusement calculé. Le piéton n’est pas prioritaire, pas même sur le passage clouté ni aux feux rouges qui sont là pour décorer. Donc au début on attend 5 bonnes minutes une opportunité pour traverser et par la suite on se les créées ses opportunités : on s’impose et on oblige les conducteurs à ralentir (pas à stopper, faut pas rêver), sinon vous ne verrez jamais qu’un seul côté de Chiang Mai, celui du trottoir où se trouve votre hôtel ! Une fois que vous arrivez à vous déplacer en risquant de moins en moins votre vie, vous irez la remettre en péril pour un massage traditionnel thaïlandais.

Le massage thaïlandais, ça ne fait pas mal. Ça fait horriblement mal. Quand c’est bien fait, paraît-il. (De mieux en mieux…). Sentir les pouces de la masseuse s’enfoncer dans mes muscles et les faire rouler sous ma peau, ce n’est pas du tout ce que j’attends d’un massage, ça va bien une fois (enfin 3 ou 4 parce qu’à chaque fois je retente le coup à Bali, aux Philippines…) mais cette fois j’ai dit stop. Et j’ai quand même fait un massage des pieds, pour faire plaisir à Kinga qui voulait me faire plaisir… C’était après avoir passé des heures à marcher (et manger) dans le Sunday Night Market et malgré la douloureuse fatigue de mes pieds, j’ai découvert que je pouvais encore ressentir des sensations terribles grâce au massage thaï. Un délice donc. C’est pourquoi pour le reste de mon corps cette fois j’ai testé le massage à base de compresses herbales chaudes. La blague : non seulement j’ai quand même eu le droit à l’écartèlement thaïlandais mais aussi à être brûlée. Heureusement quand c’est fini on se sent bien (prenez cette phrase comme vous voulez); les masseuses se sentent bien aussi d’ailleurs puisque l’une d’elles faisait même une sieste sur le carrelage dans l’entrée de l’institut.

Comme j’étais en plein « soin » de mon corps, je me suis dit que j’allais tester le coiffeur. Ce qui fait peur chez un coiffeur qui déjà parle votre langue, c’est qu’il/elle ne comprenne pas ce que vous voulez, alors le coiffeur thaï… J’ai donc suivi les conseils d’amis et suis allée au salon New York New York, un peu plus cher que le coiffeur régulier mais quand même très bon marché et pour un résultat probant. C’est la 1ère fois que je ressors de chez le coiffeur sans un brushing plaqué genre sortie de piscine. J’ai déjà les cheveux raides et plats, les coiffeurs pensent vraiment que c’est comme ça que je les aime ?! Bref. Le coiffeur ici c’était toute une expérience. Pour le passage au bac, j’étais couchée sur un matelas en cuir et un appuie-tête super confortables et j’ai eu le droit à un petit massage (thaï..) du scalp. Après le shampooing, la jeune fille m’a amenée devant le miroir et démêlé les cheveux. Puis un garçon a pris la relève et « préparé » mes cheveux à grands coups de pinces et de barrettes. Enfin la coiffeuse a fait son apparition pour me couper les cheveux. La hiérarchie mes amis. Puis expérience inédite : brushing à 4 mains. Mais résultat : best brushing ever !

mango sticky rice

Mon « fameux » mango sticky rice

coconut milk soupPuisque j’étais dans les nouvelles expériences, j’ai également testé un cours de cuisine chez Thaï Farming Cooking School. (Vous pouvez lire mon article sur la cuisine thaïlandaise ici). Ce cours dure toute la journée et c’est top ! On passe vous chercher où vous voulez en mini-van, sur le chemin on s’arrête dans un marché local pour découvrir les ingrédients avec lesquels on va cuisiner, puis petite visite de leur jardin bio et c’est parti pour Masterchef. Chacun a son espace avec sa gazinière, sa planche à découper, son énorme couteau, casseroles, poêles, etc pour se lancer dans un menu à 6 plats. Résultat : mon green curry et ma coconut milk soup avaient relativement le même goût, quant à mon pad thai il n’en avait aucun. Par contre j’ai réussi le dessert : le mango sticky rice. Je vous confirme une chose : la cuisine thaï ne vous fera jamais maigrir, ils mettent du sucre dans absolument tous les plats ! Sans compter que c’est aussi super épicé. J’ai eu la main légère sur le chilli, par contre j’ai dû mettre cette main sur mon visage à un moment parce que j’avais la face en feu. J’ai donc passé le reste de la journée recouverte de curcuma pour apaiser ma peau. Remède miracle d’ailleurs, ça soulage et puis l’orange me va bien au teint.

ladyboy extravagante

Mais ce petit « maquillage » n’est rien comparé à celui des fameuses ladyboys dont on a été voir le show cabaret. Les ladyboys ce sont des transgenres, des hommes devenues femmes ou en cours de le devenir. Tous les soirs elles organisent dans le Night Bazaar (où on trouve effectivement plein de bazar) un spectacle où elles dansent et chantent en playback. Ça coûte 200 baths l’entrée avec une boisson et c’est 1h30 de fun. Il faut bien sûr être ouvert à ce genre de spectacles, surtout si vous êtes un homme sachez que vous êtes une cible privilégiée. En tout cas ce show est plein quasi tous les soirs et c’est aussi en quelque sorte un pan de la « culture » thaï. Ce que je veux dire c’est que les transexuels ici semblent beaucoup plus libres d’être et ne sont pas cantonnés au cabaret, elles travaillent comme serveuses, coiffeuses, vendeuses, etc. Par contre elles ont des cuisses super fines et sans cellulite et ça c’est de la concurrence déloyale.

ladyboys dansant sur lady marmalade

Ladyboys en plein Lady Marmalade

Ce qui est bien en Thaïlande, c’est qu’il y a toujours un truc qui surprend : on ne jette pas le papier dans les toilettes mais dans une poubelle car la plomberie n’est pas assez efficace, certains restos vous fournissent de l’anti-moustique si vous mangez dehors, au cinéma on se lève au milieu des bandes-annonces pour le spot du roi et lui rendre hommage, on ne peut pas montrer quelqu’un ou quelque chose du pied c’est insultant, on ne s’énerve pas non plus c’est mal vu, et on peut même aller parler aux moines bouddhistes dans les temples de Chiang Mai.

interieur d un temple de chiang maiLe Monk Chat ou discussion avec un moine: on s’assoit à une table à côté du temple et on passe 20 minutes à lui poser des questions sur ce qu’on veut. Pourquoi il est devenu moine, est-ce qu’il voit sa famille, est-ce qu’il mange souvent (2 repas légers par jour ! Et avant 11h du mat ! Après c’est thé ou lait. De toutes les arisons pour devenir moine c’est celle que je comprends le moins !). Est-ce qu’il a Facebook ? Oui ! Les moines ne sont pas coupés du monde, ils sont même apparemment encouragés à rester en contact avec celui-ci car en Thaïlande on peut être moine un jour ou une vie. Beaucoup de garçons (il y a aussi des nonnes bouddhistes bien sûr) deviennent moines pour un temps puis décident de partir sans problème.

Moi je ne suis pas partie sans problème de Chiang Mai, quitter 35°, les piscines d’hôtel et leurs fêtes, les cocktails à 4€ et la cuisine thaïlandaise, c’est pas facile. Heureusement, même avec le réchauffement climatique, la Thaïlande ne devrait pas disparaître tout de suite !

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4 commentaires

  1. sylv

    Je ne me souviens plus de son nom… Et je suis d’accord, le plus dur ça va être de refaire les plats, surtout que les miens avaient déjà pas de goût avec l’aide de ma chef cuistot alors toute seule.. ;)

  2. Léo

    Trop cool !!
    Tu étais avec Benny pour ton cours de cuisine ? Je suis allée au même endroit en Mai, c’était trop bien ! J’avais un peu cuisiné les mêmes plats que toi ! Maintenant, il faut se motiver à les refaire à Paris mais bon !!!
    Des bisous !

  3. Name *

    Toujours aussi caustique. Mais bravo ça donne envie de
    connaître

  4. Caro

    trop bien, profite bien Sylvaine !!!!

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Date de publication : 30 juillet 2015