Trek dans les rizières de Batad – Philippines

rizieres de batad

Les rizières de Batad

Comme mon entreprise m’a forcée à poser mes congés avant la fin mai, il a bien fallu que je parte en vacances avec des amis. Le choix de notre destination était simple : trouver un endroit qu’aucun d’entre-nous 7, éparpillés entre Paris, Monaco et l’Australie n’avait déjà visité, pour 2 semaines, entre mi-avril et mi-mai, dans une zone relativement accessible à tous… D’après nos calculs au compas et une première tentative sur le Vénézuela qui en fait n’aurait arrangé personne, les uns parce qu’en Australie, les autres parce que tenant à leur vie, le choix s’est porté tout simplement donc sur les Philippines. J’avais déjà fait un séjour génial avec les requins-baleines là-bas et vu qu’il y a 7000 îles aux Philippines, ça n’allait pas être trop compliqué d’en trouver une qui conviendrait à tout le monde. On a finalement tranché pour un voyage en bus – une activité à part entière vu que ça nous a pris 22 heures aller/retour – un trek de 3 jours dans les rizières au nord de Manille et le reste sur l’île de Palawan. Séjour qui aurait pu être beaucoup plus court pour moi ayant failli manqué mon vol depuis Paris. Mais après avoir arrêté de respirer pendant 45 mn sur le siège arrière du taxi qui m’emmenait à l’aéroport, je suis finalement montée dans mon A380 d’Emirates, direction Manille.

baie de manille au coucher du soleil

La baie de Manille

Manille c’est une énorme ville de 20 millions d’habitants sans grand attrait si ce n’est celui des pires embouteillages et si ce n’est que ce type de record ait un attrait quelconque. Après 19 heures de voyage, je devais retrouver mes 6 alcoolytes au Good Shepherd Hostel dans le quartier de Makati, les premiers étant Kersu et Alice qui nous attendaient, bronzés et nus pieds, pour bien nous rappeler qu’ils sont en vacances depuis presqu’un an, comme ils le racontent si bien sur leur blog.

Après un passage par notre 1er bar du séjour et un pancit (plat local de nouilles, légumes sautés et viande) au resto, on a fini tous les 7 dans notre dortoir à lits superposés, histoire de bien avoir à l’esprit qu’on allait passer les 2 semaines suivantes ensemble. Tout le temps. Chaque jour. D’ailleurs notre 2e nuit se passera côte à côte dans le bus pour 11 heures de trajet dans des conditions de confort inégalées afin de retrouver notre guide pour le trek : le famous Jerick Bitog. Jerick a sa petite popularité, méritée, sur les blogs de voyageurs et ne nous décevra pas. Je le mentionne sur mon blog pour ajouter ma pierre à l’édifice de sa réputation mais j’espère qu’il ne compte pas que sur mon blog pour faire sa promo, mes efforts de rédactrice étant soutenus par une niche d’audience vivant dans une périphérie de 200km et portant pour moitié le même nom de famille que moi… Bref. Jerick nous a donc guidé pour une rando de 3 jours à travers les rizières, de Banaue à Batad, village classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après un départ à 7h du matin sur le toit d’un jeepney (sorte de minibus), on est arrivé au début du sentier pour une distribution de bâtons de marche pour chacun, qui sera refusé par certain – il faut toujours un rebelle dans un groupe – et accepté par un autre qui le regrettera tout le long du trek et ne manquera pas de nous le faire savoir.

Après plusieurs heures de marche sous le cagnard dans une végétation luxuriante, et accompagnés de Roy, le cousin de Jerick, qui porte un sac plus gros que lui et fait le trek en tongs sans une once de transpiration à l’horizon, on est arrivé au petit village de Pula. Quand je dis « petit », je veux dire 4-5 bicoques au milieu de nulle part, mais pleines d’enfants. IMG_7227Tous beaux, tous photogéniques. Deux heures et 150 photosIMG_7229 plus tard, ainsi qu’un essai moyennement convaincant de Yann et Stéphane pour piler le riz dont ils vireront la moitié sur le sol sous les yeux peu impressionnés des gosses qui n’auront pas eu à dîner ce soir-là, on a repris la route, cette fois en bordure de rizières. Bien sûr c’est splendide mais il vaut mieux s’arrêter pour contempler le paysage parce qu’avec un rebord de 50 cm pour marcher, un bâton de marche retors pour certains, des rizières pleines d’eau ou le vide de l’autre côté, il vaut mieux se concentrer. Tomber dans la rizière n’est pas une option, on l’a bien compris malgré la barrière de la langue en passant près d’une vieille dame qui travaillait sa rizière et ne semblait apprécier que très moyennement qu’un flot de touristes passe à travers son lopin de riz; imaginez, au hasard, un groupe d’Allemands en tongs et chaussettes passer dans les allées du jardin potager de votre père pendant qu’il plante des endives…

Le soir on s’est arrêté à Cambulo dans une petite pension où on a même eu le droit à la soirée de l’école du coin, je ne pense pas qu’on puisse parler de coïncidence… mais c’était sympa et puis nous aussi on a eu le droit de participer, sous les yeux encore guère impressionnés des enfants, en proposant une macarena sur Aux Champs Elysées. Oui. Vous avez bien lu. Quand on pense à la diversité de la variété française et que c’est Joe Dassin qu’on exporte à Cambulo… Heureusement on a pu se rattraper au chant avec un petit karaoké à la guitare pendant lequel on nous a demandé une bonne dizaine de fois « Do you know Bon Jovi? » avant de nous jouer, à chaque fois donc, It’s my life. Les Philippins, toujours accueillants, nous ont proposé de goûter un alcool local de riz fumé que je n’ai pas peur de qualifier d’absolument dégueu, avant d’essayer de nous achever par suffocation en faisant cuire au milieu de la nuit une sorte de poisson périmé dont le fumet si agréable passait à travers les lattes du plancher de notre chambre.

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Le 2e jour après beaucoup beaucoup de montées, on est arrivé sur les magnifiques rizières de Batad, avant de redescendre quasiment à la verticale le chemin jusqu’à la cascade de Tappiya. La remontée se fera pratiquement sur les genoux pour ma part. Pendant notre trek, on a rarement été dérangé par les touristes, les autres quoi, et il semblait même qu’on était seuls dans Batad au milieu des rizières dans une ambiance paisible où des enfants chantaient dans l’église, quelques personnes travaillaient aux champs pendant que d’autres retapaient une maison ou écoutaient la radio dont le son se propageait à travers le paysage et dans le silence de la nuit étoilée. Bon, je ne suis pas poète mais j’essaie de vous rendre l’atmosphère !
Le dernier jour du trek nous a ramené au cœur de l’action, après notre nuit à Batad et une courte marche assez ardue, on a terminé aux Natural Pools, en fait un trou d’eau dans une rivière et, surtout au karaoké du resto à chanter, plutôt juste en ce qui nous concerne, pour faire plaisir à Jerick qui nous en parlait depuis le début du trek.

Le retour vers Manille se fera cette nuit-là après un passage par notre guest house de Banaue qui non seulement a entreposé nos bagages pendant 3 jours gratuitement mais nous a laissés prendre une douche et utiliser une chambre pour nous changer – l’hospitalité à la philippine – avant de reprendre le bus, puis le taxi, puis l’avion pour l’île de Palawan, puis un van, puis un tuk-tuk, blah blah blah.

  • vue des rizieres de batad

 

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Date de publication : 15 mai 2016