Comment réussir ses vacances > El Nido, Palawan

Après un périple de plus de 24 heures, on est enfin arrivé à El Nido, « ville dénuée d’intérêt » d’après le Lonely Planet. Ça semblait donc valoir le petit détour… Sauf qu’en fait, oui. El Nido est une ville de 36 000 habitants au bord de l’eau avec plein de touristes, d’hôtels pour touristes, de restos pour touristes mais ce n’est pas non plus Acapulco et ses barres d’immeubles et c’est surtout un accès direct au superbe archipel des Bacuit pour visiter les îles, faire du snorkeling, du kayak et surtout sortir au Pukka bar, le bar-boîte où vous nous auriez trouvés tous les soirs de la semaine si vous aviez pu aller en vacances aux Philippines. Oui la vie est injuste.

plage de el nido
Comme nous ne sommes pas des touristes comme les autres et qu’on s’était préparé un minimum en lisant le guide une fois arrivés sur place, je ne sais plus qui a découvert qu’il valait mieux se diriger vers la plage de Caalan pour se trouver un hôtel. On a donc pris un tuk-tuk qui nous a déposés devant une ruelle si étroite qu’il ne pouvait pas aller plus loin et on est parti avec nos bagages sur la route de notre destin, en fait un chemin en bord de plage avec plein de petits hôtels à bungalows. C’est le Kalinga Resort qui nous a accueillis toute la semaine, quasiment, et tous les 7, quasiment aussi. Il faut dire que la responsable du Kalinga aime le suspense et réserver nos chambres ne serait-ce que pour la nuit suivante se trouvait toujours soldé d’un « on verra demain, d’accord ? » OK… On a compris pourquoi ensuite, cette dame doit gérer les personnes super organisées qui viennent sur place à la dernière minute et les réservations via internet alors qu’elle-même ne possède pas d’ordinateur et doit donc téléphoner chaque jour à un numéro mystérieux pour obtenir les disponibilités, une chambre à la fois. Alors, sachez-le, le concept du « une chose à la fois » a été inventé aux Philippines: au bar, c’est un verre à la fois qu’on vous sert, deux dans les bons jours; au resto, un plat à la fois; pour amener les kayaks, bon oui un à la fois parce que c’est lourd, mais un gilet de sauvetage à la fois même si le 2e est au même endroit… Bref, le temps aux Philippines n’est pas une denrée rare et ça fait du bien, sauf quand on a la dalle parce que là c’est chiant d’attendre. Mais étant donné l’hospitalité ambiante, il est difficile de se plaindre : 1h30 en général après que vous ayez passé commande, le serveur/barman/réceptionniste vient vous annoncer que votre déjeuner est prêt alors que vous squattez les hamacs de son hôtel, dont vous n’êtes pas clients, depuis 3 heures et ce, quasiment chaque jour, donc il faut savoir la boucler parfois. En même temps, ça passe vite quand vous vous baignez dans une eau à 31° – je ne peux pas vous assurer l’exactitude de cette température mais après concertation c’est le chiffre sur lequel nous nous sommes mis d’accord et qui nous paraissait le plus parlant – que vous scrutez l’horizon au bout d’une bonne heure en vous rappelant soudain que tiens ça fait longtemps que copain n°1 est parti nager, non ? et que copain n°2 vous fera le même coup le lendemain. Le plus étrange c’est que personne ne s’inquiète vraiment… sauf cette inconnue, voisine de hamac, qui est venue me voir livide mais extrêmement calme en me demandant si je n’avais pas vu son mari parti explorer le fond de l’eau depuis un peu trop longtemps…

En dehors de la plage, on a fait beaucoup de… plage. Mais aussi du snorkeling avec les tours en bateaux officiels du coin : tours A, B, C ou D. Je vous ai dit qu’on ne se compliquait pas la vie aux Philippines. En gros, vous louez un bateau avec l’équipage, ils vous emmènent dans les endroits pour voir de beaux poissons multicolores avec vos masque et tuba puis ils vous préparent votre pique-nique de poisson grillé au barbecue, riz, salade, fruits frais sur l’une des nombreuses îles de l’archipel, et encore mieux à Port Barton, une toute petite ville au sud de El Nido que nous avons rejoint à la fin du séjour, vous pouvez camper sur une île déserte. La nôtre s’appelait Exotic island. On a pris l’apéro, enfin les apéros, dans l’eau (oui, celle à 31°), on a dîné à nouveau de poisson et de poulet grillés, on s’est baignés de nuit avec les planctons phosphorescents et on a dormi dans nos tentes. A même le sol – le sable, ce n’est pas moelleux qu’on se le dise. La tête sous les étoiles – parce que sinon c’était mort par suffocation, oui encore – et les moustiques. Ma-gi-que. En vrai, c’était génial et surtout de se réveiller au lever du soleil, les yeux dans l’eau comme dirait Roch, normalement je devrais citer Bon Jovi mais y a rien qui me vient.

Je pourrais m’étendre sur la beauté du paysage, la chaleur de l’eau, le soleil, la vie en tongs, le pouvoir d’achat augmenté de 450%, mais j’arrête là parce que les vacances aussi à un moment ça s’arrête. Je ne pense pas que dire qu’on avait tous moyennement envie de rentrer dans nos pays respectifs soit exagéré, ni que ce soit la raison pour laquelle j’ai pris pour la 1ère fois de ma vie des somnifères dans l’avion qui ont fait effet quand j’en suis descendue pour mon escale et ont bien failli me laisser vautrée sur le carrelage de l’aéroport de Dubai plutôt que sur mon fauteuil économie de retour vers Paris. Si au moins je voyageais en Business, ça aurait peut-être fait passer la pilule, à condition que je l’eusse avalée avec une vodka malgré tout… – elle était pas facile cette concordance de temps.. Enfin, ce qui est plutôt positif avec les vacances et les amis, s’ils le sont toujours à la fin, c’est qu’on peut toujours recommencer l’expérience.

  • vue de la mer turquoise a el nido
    31° je vous dis !
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Un commentaire

  1. Caro

    Sympas les tentes sur la plage !

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Date de publication : 15 mai 2016