Plus dure sera la suite ? Aventures au Kerala – Inde

Greg et Guillaume ont des conversations sérieuses au bord de la piscine sur la façon dont il convient de manger la noix de coco. Après, on discute des raisons pour lesquelles la mer est plus chaude que la piscine et s’il vaut mieux utiliser la serviette blanche ou la serviette grise pour la plage. Vu le contexte, parler de la faim dans le monde ou de la crise, ce serait péché, et nous on préfère rester au paradis.

Hier, on s’est quand même dit que la vie en Inde, ça ne devait pas être tout à fait comme au Resort, disons qu’on avait des soupçons. On est donc allé se balader dans le village environnant, ou les villages environnants, car la délimitation des territoires n’est pas très claire. En fait, depuis l’aéroport qui se trouve à 100km tout est habité d’une façon ou d’une autre. Et habité bizarrement, les maisons luxueuses (mais super bling bling) côtoient des bicoques branlantes, et on se demande de certaines maisons si elles sont en construction ou en ruines. Pas une super carte de visite pour le constructeur… En se promenant dans le coin donc, superbe avec ses cocotiers et sa verdure, on a rencontré de nombreux enfants (après l’école, car petite précision, le Kerala est la province la plus instruite du pays avec 94% d’alphabétisation et 92% des filles alphabétisées) qui attendent toujours qu’on leur fasse un petit signe pour nous répondre et pratiquer sur nous leurs premières leçons d’anglais. Ensuite, c’est un festival de dents blanches et de gamins sautillants. J’avais lu que les Indiens n’étaient pas très chaleureux: pas ici. Le seul truc avec lequel on a encore du mal, c’est qu’ils disent non de la tête pour dire oui. En fait, ils dodelinent. Je crois bien que je n’avais jamais eu l’occasion d’utiliser ce mot avant!

Après une dodelination de tête du responsable du Resort, on nous a emmenés faire un tour en bateau sur les backwaters (la rivière donc) à Nileshwam. Très beaux paysages de cocotiers et d’une verdure flamboyante. Atout majeur de cette balade : nos fans qui accouraient sur la berge pour nous saluer. Signalons aussi que cette croisière nous a permis de faire des expériences comme de tremper une cuillère en plastique dans du lait chaud, faisant ressortir le bon goût de caoutchouc d’une cuillère qu’on aurait stockée trop près du moteur. Plusieurs fois…

Mais le soir changement de registre puisqu’à l’hôtel nous fêtions l’anniversaire du père de Laurence à coups de danses typiques keralaises et de repas de fête. Les danses, pratiquées uniquement par des hommes sont super complexes et physiques ! Ce qui m’a d’ailleurs amené à une conclusion des plus intéressantes qu’on transpire beaucoup plus du dos que du torse. Pour ce qui est du repas, je n’ai pas de conclusions pertinentes dont je souhaiterais vous faire part, je préfère mettre Guillaume sous les spotlights. Laurence avait pourtant prévenu que le haricot vert dans notre plat, mangé sur une feuille de bananier avec les doigts, n’était pas un haricot mais un piment. Guillaume l’a donc mangé en entier, trop absorbé par je ne sais quoi au lieu de se concentrer sur la nourriture qu’il faut toujours goûté avant d’avaler ici!, m’a ensuite regardé les yeux grand ouverts derrière ses lunettes et m’a dit :     . D’abord, il n’a rien dit, ayant perdu l’usage de sa langue et de son œsophage, puis il a eu cette phrase mémorable : « ça me brûle les orteils ».
En parlant d’orteils, je me suis cogné le mien dans un truc en bois de la salle de bain, ça fait aussi mal en Inde qu’en France.

Mais tout ce luxe, c’est bientôt fini. On part pour Kochi en train à 15.45, arrivée 23.30 à Ernakulam, sachant qu’il doit y avoir 300 km entre les deux villes… On a pris un billet en 3e classe avec air conditionné sinon c’est la mort par suffocation mais je me demande quand même comment on est assis en 3e… Et dans notre grande préparation de ce voyage en Inde, non seulement on a rechangé notre itinéraire sur les conseils d’un seul gars rencontré dès notre première guesthouse mais on a rien réservé dans une des villes les plus touristiques de la région. Heureusement, on met à profit (surtout au nôtre) la gentillesse des employés du Resort et on leur fait appeler la liste des hôtels du Guide du Routard. Je pourrais le faire moi-même sauf que je ne parle pas encore hindi, parce que dire que les Indiens parlent tous anglais du fait de leur histoire c’est encore un de ces clichés qui te font plaisir quand tu arrives dans le pays concerné ! Pareil pour l’Allemagne, j’aurais passé ma semaine de Noël à manger de la Wurtz si ma cousine ne parlait pas allemand. Bref, je m’égare, on a trouvé un hôtel à la dernière minute qui coûte cher évidemment. Je veux dire cher pour ici. Ça aussi c’est un autre cliché dont je me suis aperçu dans d’autres pays c’est que baser son budget de voyage sur des chambres a 2€ et des repas a 1€, c’est le fantasme du routard qui veut chopper le tétanos ET la dysenterie ! (Oui ça aussi c’est un cliché ;) ).

Aujourd’hui donc, l’aventure sanitaire commence!

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Date de publication : 9 janvier 2013