Ma cabane (à sucre) au Canada : détour à Montréal

le st laurent gele a montrealAprès 10 ans je suis enfin retournée à Montréal pour rendre visite à ma sœur Elise, à des amis et au grand froid. J’ai eu de la chance, j’ai eu le vrai hiver canadien : de la grosse neige et -25°C. Moi qui priais pour faire de la luge et des raquettes, j’ai été servie. Mais commençons par le commencement : j’ai été accueillie à l’aéroport par Jeff et un énorme ballon en forme de papillon, ultra pratique pour prendre le bus donc. Ce que j’adore à l’aéroport quand les portes des arrivées s’ouvrent, c’est de voir tous ces gens qui attendent leurs proches et qui vous fixent avant de réaliser « ah non, c’est pas elle », ça ou « elle est vraiment superbe cette fille, même après 7 heures d’avion c’est dingue ». Bref, Jeff m’a donc accueillie à l’aéroport Trudeau, oui du même nom que leur 1er ministre beau gosse, et chez lui pour les 2 semaines de mon séjour canadien. Direction le quartier de Verdun, près de la rue commerçante Wellington et du magasin Dollarama, retrouvailles émouvantes avec cette Foire-Fouille à 2$, proche du fleuve St Laurent qui lors d’hiver rigoureux gèle en intégralité et permet aux Montréalais de patiner jusqu’à leur bureau. Est-ce que c’est pas énorme quand même ?! Petite anecdote sur le quartier de Verdun : les bars y étaient encore interdits il y a quelques années sous couvert d’une réglementation spécifique (et si vous voulez mon avis, injuste), un peu comme pendant la Prohibition. Vu que maintenant il y a 2 bars, on a fait les 2, mais je suis quand même surprise que par des températures à -25°, ce genre de loi ait tenu si longtemps. Et comme j’en étais à la gastronomie québécoise, j’ai goûté pour la 1ère fois à la poutine, alors que j’ai vécu un an à Montréal… En même temps, des frites avec du fromage fondu et de la sauce dessus c’est pas tellement mon type de cuisine mais en fait, c’était bon, surtout au resto La Banquise qui est spécialisé exclusivement dans la poutine.plats de poutine au guacamole et a la viande

Heureusement, je suis allée éliminer au Parc du Mont Royal en grimpant jusqu’au sommet pour une vue sur Montréal, puis petite marche dans la neige et le froid pendant quelques heures. Au final, je me suis carrément endormie dans l’énorme refuge tout en haut pendant une heure. Et tant qu’à glander, Elise m’a emmenée en fin de journée au spa Bota Bota sur une péniche avec vue sur le quartier du Vieux Port. Sauna, hammam, hamacs pour regarder le fleuve gelé à travers les hublots et surtout un jacuzzi en extérieur qui se mérite parce qu’il faut sortir en maillot par -20° et éviter de poser les mains sur les rambardes si vous tenez à garder vos empreintes digitales. Elise encore, la reine du bon plan, avait aussi réservé pour le weekend un déjeuner à la cabane à sucre de St Alphonse de Granby, une heure au sud de Montréal. La Grillade est une énorme salle de resto tout en bois avec un cachet rustique, des nappes à carreaux, de grandes rangées de tables en bois où tout le monde mange côte à côte et des serveuses sympas, comme c’est l’habitude dans le coin. Cette cabane à sucre c’est un buffet à volonté où tout est cuisiné à base de sirop d’érable : le jambon, le porc effiloché, les fèves au lard, les saucisses et surtout les desserts ! La tarte au sucre, les pancakes, les beignes et LA révélation : le délice à l’érable, une semoule chaude trempée dans le sucre et l’érable et caramélisée. Une bouchée = une carie. Mais il y a des choses qui valent la peine de souffrir dans la vie.

lac gele au parc yamaska

Lac gelé du parc de la Yamaska : enfin un peu de place pour patiner tranquille !

 

a la tire a l'erable avec ma soeurAvant heureusement on s’était ouvert l’appétit en allant au parc de la Yamaska marcher sur l’énorme lac gelé. Vu qu’on voyait 2 personnes faire de la pêche blanche (ils creusent un trou dans la glace et attendent le poisson dans le froid, assis sur leur tabouret), on leur a fait aveuglément confiance pour que la glace soit assez épaisse pour ne pas passer à travers. Je peux donc rayer « marcher sur un lac gelé » de ma bucket list, c’est assez exceptionnel comme expérience, toute cette eau gelée sur des centimètres d’épaisseur. Cela dit, l’euphorie est vite passée quand j’ai entendu un énorme craquement sur notre gauche. Direction la berge aussi vite que possible sans me briser les 2 genoux. D’ailleurs, quand j’y pense, je n’ai pas vraiment fait de patin à glace pendant mon séjour, enfin pas par choix en tout cas donc. Par contre, on a fait des raquettes au Parc du Mont Tremblant dans le secteur de la Diable : c’était féérique dans un paysage de forêt enneigée, des sentiers au milieu des arbres, une poudreuse superbe et un silence serein quand on arrivait à la boucler 5 minutes. Y avait tellement de neige que pour pique-niquer on était assis sur le dossier du banc puisque l’assise était recouverte de neige tassée et faisait maintenant partie du sentier. Hé ouais, il fait pas semblant de neiger là-bas et c’est pour ça qu’on peut également faire ce truc génial qui s’appelle : la luge ! Et en plus on trouve des pistes dans tous les coins de Montréal. J’avais prévu le coup au Dollarama en m’achetant une luge pour enfant, sorte de petite pelle où tenaient tout juste mes fesses si sveltes, les 3$ les mieux dépensés de ma vie ! La luge, ça déchire.

Mais tout comme un paquet de Schoco-bons Kinder à portée de ma main, rien ne dure, et c’est pareil pour la neige. A mon retour de Toronto en 1ère classe du train — ça aide d’avoir des copains dans les hautes sphères — où j’ai retrouvé ma coloc de l’époque québecoise, Nino, comme si on s’était vues la veille, l’hiver était quasiment fini à Montréal. D’ailleurs à Toronto, il faisait +10° et soleil. Pour faire du shopping, trouver LE jean qu’il me fallait absolument, visiter la ville, marcher le long du lac Ontario et prendre un American breakfast au fameux Lakeview restaurant, c’est pas plus mal.

huseyin glisse sur sa luge elise sur sa luge a la yamaskaBien entendu, je ne peux pas ne pas finir ce billet avec quelques mots que nos amis québécois semblent inventer juste pour ne pas parler correctement français. (Je plaisante, ne m’envoyez pas les souverainistes !)

Tabagie : c’est le bar-tabac
Tous en vente : en gros, liquidation, et non ce n’est pas une faute d’orthographe …
Un boutte : un bout
Icitte : ici
Foufounes : fesses
Déjeuner-dîner-souper : « on ne dîne plus, on soupe »
C’est fucké : ça marche plus, mais il y a plein d’utilisations possibles de ce mot. On voit cependant tout de suite que le Québécois défend la langue française, ça n’est clairement pas dérivé d’un mot anglais, du tout…
C’est correc’, c’est direc’ : ça s’écrit comme ça se prononce et vice versa
A cause que : mon préféré
Biscuit = cookie / Cookie = ?? Je sais toujours pas

  • Le St Laurent gelé dans le quartier du Vieux Port
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2 commentaires

  1. Emmanuelle

    Ca donne en vie d’y aller juste pour les écouter parler :)

  2. Léo

    Trop beau !!!

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Date de publication : 1 avril 2016