Le Paris des horreurs

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit un billet. En même temps quand on revient d’année sabbatique, on se dit que maintenant qu’on est à la maison on va plus avoir grand-chose à raconter. Faux ! A Paris, il se passe des choses, des choses horribles même qui doivent être relatées. Bienvenue dans le Paris des horreurs.

Comme souvent l’intention est louable, le résultat un peu moins. Alors que nous étions parties avec Christelle pour un après-midi culturel, type expo au Grand Palais, une action terrible nous a envoyées sur le chemin de la turpitude : une recherche sur Google. Avec internet, quand on cherche, on trouve. Surtout des trucs qu’on ne soupçonnait pas. C’est comme ça que notre potentielle expo sur la peinture à l’huile à la Renaissance s’est transformée en un voyage aux frontières du cauchemar et du gore au musée de l’Histoire de la Médecine et au funeste musée Dupuytren. Quand on trouve des endroits comme ça, on ne peut pas ne pas y aller. Enfin, beaucoup de gens, oui, pourraient se retenir mais nous, on aime les sensations fortes. C’est ainsi que nous avons découvert, dans la faculté de médecine du 6e arrondissement, les outils à trachéotomie ou amputations sans anesthésie de l’époque bénie où la médecine tuait plus qu’elle ne sauvait, les kits de chirurgie de champs de bataille, l’instrument de Civiale (rien que la description peut provoquer l’évanouissement, je vous laisse voir la photo) ainsi que le gorgeret dilatatoire de mon aïeul semble-t-il, qui avait à coeur de soulager les pauvres hères de leurs fistules à l’anus. Charmant donc. A la fin de la galerie, dans laquelle on suit les évolutions de la médecine à travers l’Histoire, on est reconnaissant d’être née à l’époque de la péridurale.
A défaut des objets qu’il renferme –dont, tenez-vous bien, une table basse faite de morceaux de cerveaux, de sang et d’os stratifiés avec en son centre un pied humain, offerte par un médecin italien à Napoléon III et dont la relation serait propice à une petite psychothérapie– ce musée est vraiment très joli, tout en bois avec une belle verrière qui permet de bien voir ce à quoi on a échappé. Autre bon point, il n’y a pas foule, allez savoir pourquoi, et on peut donc pousser des cris de détresse, des iiiiiiirk, des aie-aie-aie-aie, des « oooh putain » en passant en revue les vitrines.

Mais ce n’était rien ce musée comparé à ce qui nous attendait chez Dupuytren. Pour 5€, en face de l’école de médecine, vous avez tout loisir, en petit comité encore une fois…, d’observer des bocaux remplis de formol et de restes humains malades. Oui, c’est absolument répugnant mais c’est bien rangé. On commence par des cœurs, des estomacs, puis c’est la partie colonne vertébrale avant de passer aux intestins mais surtout aux bébés difformes plongés en entier dans les bocaux, ou à 2 têtes d’hommes avec un bec de lièvre. Je sais ce que vous vous dites, pourquoi on y est allé ? Par amour de la médecine, et en repérage pour le prochain Halloween. C’est vrai que cette visite est gorissime et n’est pas pour tout le monde, d’ailleurs il est dit de ne pas y amener vos enfants, à moins que vous vouliez leur donner une bonne leçon…, mais en attendant c’est pas nous qui avons décidé d’exposer tous ces bocaux comme une collec’ de timbres !

Après tout ça, on se dirait « où est le sac à vomi ?! » mais Christelle et moi on s’est plutôt revigorées d’un chocolat chaud et d’une grosse part de cake. Allez, bon appétit !

  • musee histoire de la medecine
    Le musée de l'Histoire de la Médecine
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5 commentaires

  1. Léonor

    Aaaaaahhhh ni juste avant de dîner Kersu !!!

  2. Caro

    Ce que j’adore avec l’instrument de Civiale c’est qu’il y a un schéma explicatif type Ikea.

  3. Jeff

    J’adore ce genre de musée! Ça fait beaucoup plus réagir mon corps que les peintures à l’huile de la Renaissance…

  4. Nom *Christelle

    Ahlala, rien que de relire tout ça… ça me donne envie d’une autre part de cake!

  5. kersu

    je savais que je n’aurais pas du lire cet article en prenant mon ptit dej…

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Date de publication : 31 janvier 2016